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Activités au 11 Février 2013 Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Administrator   
20-02-2013
Beaucoup de travail et de demandes, depuis notre dernière mise à jour (notes, interventions , conférences , déplacements .... ), dans un contexte de plus en plus en plus complexe. 
J’essaye, avec bien d’autres, de suivre l’évolution de la transmission  des savoirs sur support papier vers la communication virtuelle.
Longtemps, nous avons anticipé –un peu trop– ce transfert et cru qu’il arriverait très vite; quelques signaux, repérés ici ou là, me laissent croire que ce transfert  arrive sans que l’on sache trop toutes les conséquences envisageables. 
Un autre phénomène –pour moi assez inquiétant– est la marginalisation progressive des lectures d’œuvres au profit des abstracts proposés ici ou là. Peut-être un peu par réaction primaire, je m’efforce de ne pas renoncer à aller à l’œuvre originale (le plus souvent dans sa version française ! )
La lecture me prend relativement toujours beaucoup de temps (mais parfois quel plaisir! ) .
L’écriture aussi: c’est un peu plus dur qu’avant, sans doute parce que le comportement du lecteur a partiellement changé.
On retrouve cette évolution dans l’écoute des participants lors de mes interventions en France ou à l’étranger où l’utilité (? ) de court terme est de plus en plus souvent préférée à une réflexion ou à une mise en perspective; même si je peux bien comprendre cette vision utilitariste, j’en ressens comme un regret: comment comprendre, anticiper notre monde sans un minimum de références, de repères, osons le mot : de concepts ou théories... 
Les “cas “ et leurs diverses déclinaisons remplacent (apportant tranquillité aux animateurs et implications des participants), pour une part,  l’effort de réflexion et de création. Avons-nous atteint la limite de ce mode de pédagogie? 
Un jour sans doute (un espoir ou un vœu ? ) , le balancier repartira peut-être ... dans l’autre sens demandant plus de motivations et de connaissances générales, trop vite sacrifiées sur une pseudo efficacité de court terme. 
Dans mon voyage –devenu pratiquement mensuel- au Maroc (où je travaille avec une demi-douzaine d’Organisations: c’est surement ma deuxième patrie où j’ai d’ailleurs vécu plus de deux ans), il m’a semblé sentir un certain recul (affectio a societatis ... ). J’espère profondément ne pas devoir confirmer cette impression... 
La sortie d’un ouvrage-il s’agit de “Evolution des Organisations et du Management : rétrospective et prospective “, aux Editions EMS (petite synthèse de 120 pages , co-écrit avec mon complice N.Equilbey), à peu près le 40° écrit ou co-écrit me remplit bizarrement de sa dose d’émotion: je lui souhaite bonne chance ... !
J’aime bien travailler avec Albane Dolez (Verralbane, la spécialiste de la mise en valeur des œuvres d’art grâce aux vitrines à base de Verre): l’art et la technique se mixte pour la satisfaction du plus grand nombre. Quel talent ! 
Moi qui ait tant travaillé en anglais (dirigeant d’un leader américain du management), j’ai éprouvé le besoin de me consacrer une fois par semaine à un échange formalisé avec un interlocuteur anglophone : plaisir plus que nécessité ? 
Je me suis commis de quelques textes “de commande “; on trouvera en rubriques “publications“ une mise à jour de ces textes ; par exemple, une note introductive sur le marketing.
Je continue à regretter la “confidentialité “ de la “société savante “ que constitue de fait l’association IAS : nous mériterions une expansion bien plus importante .
L’accès au savoir (ou si l’on préfère la “marchandisation” des connaissances) est une des questions parmi les plus importantes de notre communauté académique: comment valoriser les investissements intellectuels qui presque par définition sont destinés à être partagés gratuitement ? 
La revue “Qualitique“ m’a demandé une courte note sur le concept de contrat social et d’engagement: parler d ‘engagement -ce qui suppose le plus souvent une adhésion de long terme– n’est pas ce qui vient forcément d’abord à l’esprit dans les rapports sociaux : nous préférons, quand à nous, le terme de contrat qui nous semble mieux correspondre aux volontés ou possibilités des divers partenaires. Nous reproduisons ci-dessous cette réflexion (cliquer sur "Lire la suite..." pour afficher l’intégralité de l'article. 
Concept social, contrat social et engagement:
Dés le 18°siècle(1755) , Jean-Jacques Rousseau a vulgarisé dans un texte resté célèbre une réponse à une question qui lui était formulée “quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? “
A partir du constat qu’il fait de l’organisation de l’homme en société “ Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité ... “il en tire une réflexion sur les types de pouvoirs , ce qui lui permet d’avancer sa théorie du Contrat social. 
Son Contrat social , il le conçoit comme un pacte fait d’une part de renoncement par chacun à une part de sa liberté individuelle pour d’autre part gagner une espèce de pouvoir populaire, de liberté civile : l’intérêt général étant l’objectif central du contrat. 
La loi de la nature , au contraire est une loi “tyrannique et vaine “
Le préambule du livre I du Contrat social résume bien sa pensée “Je veux chercher si , dans l’ordre civil , il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sure, en prenant les hommes tels qu’ils sont et les lois telles qu’elles peuvent être. . Je tacherai d’aller toujours , dans cette recherche , ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées “
Dans son esprit, seul ce contrat peut garantir l’intérêt général “l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté est “la “ clause du Contrat social “ 
L’idée central de ce contrat est que ce pacte construit et voulu garantit, en quelque sorte , les droits naturels . 
C’est , pour lui, le fondement de la démocratie , qui se traduit dans la Loi . La rupture du contrat entraine le retour de l’homme à l’état primitif, à la loi du plus fort. Il n’y a pas, dans le contrat , aliénation de chacun mais au contraire l’affirmation des droits naturels de l’homme”renoncer à sa liberté , c’est renoncer à sa qualité d’homme “ 
Ce contrat social est ”l’aliénation totale de de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté “; il justifie son existence. “Contrat social” (expression de la volonté générale ) ,et “Emile”(épanouissement de l’individu) , sont sans doute les deux textes fondateurs de la pensée de Rousseau . 
Il nous semble utile –à une époque où l’emballement médiatique nous freine dans une perspective des idées pourtant bien utile- de rappeler quelques racines ou fondamentaux qui oriente aujourd’hui encore notre pensée.
L’idée même de pacte social est très ancienne: on la retrouve, par exemple,chez Platon (ou beaucoup plus tard chez des philosophes comme Thomas Hobbes) 
Force nous est de constater qu’à part quelques Organisations (structures administratives , territoriales... ) dans lesquelles les salariés ont beaucoup moins la notion de risque professionnel, depuis quelques années , le concept même de lien à l’entreprise , la confiance à long terme, la sécurité sociale dans le travail ... se sont fortement dégradés. 
Les raisons sont multiples et connues : vulnérabilité des structures, forte mutation rapide des métiers, environnement instable... 
Ce courtermisme subie ou voulue freine voire empêche les Responsables de prendre des engagements sur le long terme (quand ils le font quand même , le réveil est souvent brutal ) 
Dans ce contexte , on comprend que sans méthodes ou efforts particuliers, il sera très difficile d’obtenir un engagement des salariés , l’incertitude ou le risque leur étant difficilement supportables. 
Il n’existe pas de solution miracle. 
Si l’engagement à long terme par rapport à une Organisation , perçue souvent comme lointaine, est relativement utopique, il reste à l’Organisation à utiliser , autant que faire se peut , d’autres voies pour mobiliser les énergies . 
Nous nous bornerons dans cette courte note de réflexion, à en lister quelques unes : 
-favoriser la création d’une communauté d’entreprise qui rendra les liens plus solides entre les membres du personnel: cela peut être favorisé par des activités plus ou,moins autogérées. 
-développer le management de –ou par- projet , projet pour lequel un groupe de salariés se retrouvent sur un objectif , certes limité, mais auquel le groupe peut s’identifier. 
-dégager et accentuer l’identification pour un maximum de personnel à un métier , métier qui lui donnera une forme de dignité spécifique.
-amplifier le rôle de la formation professionnelle qui prolonge les compétences acquises préalablement , permet l’adaptation aux technologies nouvelles et donne à chacun une espèce de garantie supplémentaire .
-donner sa place à le RSE , dans la mesure où celle-ci ouvre un champ nouveau de responsabilités et conforte non seulement le dialogue social mais la position du salarié dans l’entreprise . 
-être dans cette période de rigueur encore plus attentif à l’application de rémunérations équitables , en se méfiant parfois de payer “trop cher “ les compétences rares ...ou les derniers embauchés.
-individualiser l’accompagnement (le mot à la mode est le coaching ) des salariés en utilisant toutes les possibilités d’orientation ou de progression 
- choisir ou favoriser(en mettant en place si nécessaire les incitations souhaitables ) toute opportunité de mobilité , gage d’un changement ou d’un progrès permanent 
-s’efforcer de mettre en valeur et d’appliquer le concept de pacte ou de contrat sur des objectifs de court ou moyen terme , appelé –à notre avis –à se substituer pour une part au salariat traditionnel. 
On voit bien que ce type de démarche suppose qu’un temps suffisant est laissé aux diverses parties prenantes: c’est souvent cette durée qui fait le plus souvent défaut , tant l’avenir au delà de discours souvent par trop lénifiant porte une part d’inconnue qui va grandissante. 
Comment jouer , par exemple, sur la récompense d’une fidélité à long terme alors même que le long terme nous est souvent inconnue ou incertain? 
La fausse bonne idée , pourtant tellement à la mode, reste l’idée de l’engagement des salariés sur le long terme... et bien sur implicitement ou explicitement celui des employeurs également.
Nous oserons dire que nous assistons à une espèce d’auto intoxication quasi généralisée, répétée sans cesse comme pour mieux s’en convaincre.
Les faits ou évènements souvent tristement célèbres, accompagnés souvent de rodomontades , démentent sans cesse cette prétention médiatique à prétendre maitriser un avenir qui pour une grande part échappe aux meilleurs volontés . 
La vraie bonne question, facile à formuler mais d’une extrême complexité, est : comment obtenir d’un groupe social cet engagement dans un univers incertain ? 
Certaines Institutions , certains Corps semblent y arriver(armée, religieux , caritatifs , bénévoles...) mais tous ou presque (les ”mercenaires “ sont un contre exemple d’un engagement total de court terme ) sont animés d’une certaine foi, d’une adhésion à une mission qui les transcendent .
Tout se passe comme si l’incertitude (pour le futur ) était tellement insupportable pour les divers acteurs que ceux-ci préféraient encore une cécité volontaire à l’effort d’une vision perturbante. 
Progressivement, bon gré –mal gré , l’incertitude s’installe comme étant la voie la plus probable pour chacun des participants à la vie sociale . 
Le succès sans précédent des institutions “non-profit”, des associations de tout type trouve probablement ses racines dans ce besoin de ces espaces de relative tranquillité, confiance... (un homme égale une voix... !)
Il est un peu curieux de constater que la diminution du rôle social de l’entreprise au profit de structures parallèles n’inquiète pas plus que cela ni les responsables d’entreprises ni les organisations syndicales. 
Un pan entier de notre équilibre social et économique (transfert ) se désagrège sous nos yeux sans que nous puissions savoir à qui va éventuellement profiter ce vide qui se crée.
Dernière mise à jour : ( 20-02-2013 )
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